Le certificat de conseiller en voyages au Québec, étape par étape

août 24, 2026 Richard Comments Off

Pour vendre un voyage au Québec, il vous faut un certificat de conseiller en voyages délivré par l’Office de la protection du consommateur. Vous l’obtenez en réussissant un examen d’une heure administré par l’ITHQ, puis en vous rattachant à une agence titulaire d’un permis. L’examen coûte 71 $, la délivrance du certificat 72 $, et le renouvellement annuel 36 $. Aucun diplôme et aucune formation préalable ne sont exigés par le règlement.

Voilà la réponse courte. La réponse longue contient une poignée de détails que la plupart des pages sur le sujet passent sous silence, et deux d’entre eux peuvent vous obliger à repasser l’examen au complet.

Une exception : les personnes à l’emploi d’une agence titulaire d’un permis restreint ne sont pas tenues de détenir un certificat.

Certificat de conseiller, permis d’agence : deux choses différentes

C’est la première source de confusion, et elle explique pourquoi les gens cherchent tantôt « agent de voyage », tantôt « conseiller en voyages ».

L’agence détient un permis d’agent de voyages. C’est l’entreprise, avec son compte en fidéicommis, son adresse et son numéro de permis.

Vous, la personne qui conseille et qui vend, détenez un certificat de conseiller en voyages. Il porte votre nom et vous le transportez d’une agence à l’autre.

Avec une nuance qui surprend beaucoup de monde : votre certificat est suspendu dès que votre lien d’emploi avec l’agence est rompu, ou dès que votre contrat de service se termine. Vous avez alors 15 jours pour en aviser l’Office, mettre fin au lien contractuel dans votre dossier en ligne, puis en ajouter un nouveau avec le numéro de permis de votre nouvelle agence. Un certificat sans agence rattachée ne vous autorise à rien.

Dans le langage courant, tout le monde dit « agent de voyage ». Dans le vocabulaire de l’Office, la personne est une conseillère ou un conseiller en voyages. Les deux termes désignent le même métier, ils ne désignent simplement pas le même titre.

Les frais officiels

Ces montants ne sont pas ceux d’une école ni d’une formation. Ce sont les frais que vous paierez à l’ITHQ et à l’Office, quel que soit le chemin que vous prenez pour vous y rendre.

Ce que vous payez Montant À qui Quand
Examen 71 $ ITHQ À l’inscription
Délivrance du certificat 72 $ Office de la protection du consommateur Après la réussite
Renouvellement 36 $ par année Office de la protection du consommateur Chaque année

Montants vérifiés le 21 août 2026. Les droits de 72 $ et de 36 $ sont valides jusqu’au 30 juin 2027 et sont indexés le 1er juillet de chaque année selon l’indice des prix à la consommation. Le prix de l’examen est fixé par l’ITHQ, sans indexation réglementaire : confirmez le montant final à l’étape du paiement. Vérifiez toujours à la source avant de budgéter.

Première année : environ 143 $ pour l’examen et le certificat. Ensuite, 36 $ par année pour rester en règle.

L’examen, dans le détail

Soixante minutes. Des questions à choix multiples et des questions de type vrai ou faux, portant sur les règles applicables au secteur du voyage. La note de passage est de 65 %, et elle monte à 70 % pour le poste de gérant d’agence.

L’examen se passe en ligne. Vous choisissez votre date et votre heure, il se déroule sous surveillance vidéo et audio, et vous connaissez votre résultat immédiatement après.

En cas d’échec, vous pouvez vous réinscrire auprès de l’ITHQ dès la réception de vos résultats.

Le manuel est gratuit, et vous pouvez le lire dès aujourd’hui

Lois et règlements applicables au secteur du voyage, 4e édition, publié par l’ITHQ en collaboration avec l’Office. C’est le document de préparation recommandé, il est en téléchargement libre, et vous n’avez pas besoin d’être inscrit à quoi que ce soit pour l’ouvrir. Une réserve : cette édition est à jour au 1er janvier 2023, donc antérieure à la suspension de la perception du FICAV. Lisez la section sur le FICAV plus bas.

Commencez par là. Vous saurez en une soirée si la matière vous rebute ou vous intéresse, et ça ne vous aura rien coûté.

L’ordre des opérations compte

Vous devez ouvrir votre dossier en ligne auprès de l’Office avant de vous inscrire à l’examen. Cette démarche vous attribue un numéro de dossier de 15 caractères commençant par « CCV » suivi de l’année, et l’ITHQ vous le demandera au moment de l’inscription. Beaucoup de gens font l’inverse et perdent une journée.

Le piège des deux ans

Réussir l’examen ne vous donne pas le certificat. Ça vous donne le droit de le demander.

Après votre réussite, vous disposez d’un maximum de deux ans pour payer les droits de délivrance de 72 $ et vous rattacher à une agence titulaire d’un permis. Les deux conditions, pas une seule. C’est l’article 11.3 du règlement.

Passé ce délai, votre certificat est annulé et vous devez réussir un nouvel examen.

C’est le genre de détail qui semble anodin quand on le lit et qui coûte cher deux ans plus tard. Beaucoup de gens réussissent l’examen « pour l’avoir », se disent qu’ils trouveront une agence quand ils seront prêts, et découvrent trop tard que l’horloge tournait.

Le même délai vous guette plus tard dans votre carrière : au-delà de deux ans d’arrêt de travail, l’Office recommande l’annulation du certificat, avec reprise de l’examen à la clé.

Si vous passez l’examen, ayez une idée de l’agence qui vous accueillera.

Ce que le certificat vous oblige à faire

Voici ce que presque personne ne publie, et c’est pourtant la description de votre vraie journée de travail.

Une seule agence à la fois. Vous devez agir exclusivement pour l’agence titulaire d’un permis valide qui vous emploie. Cumuler deux affiliations est interdit.

L’argent du client ne passe jamais par vous. Tout paiement va au compte en fidéicommis de l’agence, et le client reçoit un reçu numéroté au nom de l’agence, portant la date, son nom et son adresse, les montants payés et restant à payer, la description des services et votre nom.

Le reçu doit porter la mention du fonds d’indemnisation. Le libellé est fixé : « Les services touristiques payés, mais non reçus, peuvent être remboursés par le Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages », avec le renvoi à www.ficav.gouv.qc.ca. L’article 18 du règlement exige aussi que le reçu indique le montant et le pourcentage de la contribution au FICAV.

Vous ne pouvez pas recevoir de clients chez vous. L’Office n’interdit pas de travailler depuis la maison. Ce qu’il encadre, c’est le fait d’y recevoir un client, ce qui exige qu’un duplicata du permis de l’agence ait été délivré pour un établissement situé à votre domicile. La nuance est importante si votre projet est de bâtir une clientèle de quartier.

Votre publicité est celle de l’agence. Vos coordonnées personnelles ne peuvent pas apparaître dans une publicité, à l’exception de votre numéro de cellulaire. Autrement dit, vous faites la promotion de l’agence à laquelle vous êtes rattachée, pas d’une marque personnelle parallèle.

Le renouvellement est annuel, sans quoi le certificat cesse d’être valide. Et tout changement, de coordonnées ou d’employeur, doit être signalé à l’Office.

Le FICAV sur la facture, depuis 2024

Le Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages protège les voyageurs qui achètent auprès d’une agence titulaire d’un permis du Québec. Il a été financé par une contribution de 0,10 % perçue sur les services touristiques achetés par le client.

Depuis le 1er janvier 2024, cette contribution n’est plus perçue. Le fonds avait dépassé 125 millions de dollars au 31 mars 2023.

Sauf que la ligne doit toujours figurer sur les documents remis au client. Concrètement, la facture affiche « Contribution au Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages » (ou « Contribution FICAV »), suivie immédiatement d’une ligne « Remise applicable » du même montant, soustraite. Les deux s’annulent, l’impact net pour le client est de zéro, et la trace reste.

C’est une opération de facturation que vous ferez des centaines de fois. Autant comprendre pourquoi elle existe avant votre première vente.

Un mot de prudence si vous parlez du FICAV à un client : le fonds couvre des situations précises, il ne garantit pas un remboursement dans tous les cas. La suspension de la contribution peut aussi être levée. Renvoyez toujours à l’Office pour les conditions à jour.

Aucune formation préalable n’est exigée. Et pourtant.

Nous vendons de la formation, et nous l’écrivons quand même : le règlement ne fixe aucune condition de scolarité ni de formation préalable pour se présenter à l’examen. Vous pouvez vous inscrire demain matin, lire le manuel gratuit, et tenter votre chance.

La mention d’un diplôme d’études secondaires qu’on croise ailleurs vient des attentes des employeurs, pas de la loi.

L’article 11.2 du règlement impose en revanche des conditions de probité. Pour obtenir votre certificat, vous devez n’avoir commis aucune infraction à la Loi sur les agents de voyages ou à son règlement au cours des cinq années précédentes, n’avoir été condamnée pour aucune escroquerie, aucun faux ni aucune opération frauduleuse en matière de contrat ou de commerce durant la même période, et n’avoir fait aucune fausse déclaration dans votre demande.

Maintenant, la réalité de l’examen. Il porte sur des lois et des règlements, en soixante minutes, avec une note de passage de 65 %. Le manuel de préparation est un document réglementaire, écrit comme un document réglementaire.

D’expérience, ceux qui échouent ont sous-estimé la matière, rarement le métier.

Une préparation structurée transforme un texte de loi en cas concrets : ce qu’il faut inscrire sur un reçu, ce qui arrive quand un fournisseur fait faillite, ce que vous avez le droit d’annoncer et ce que vous n’avez pas le droit d’annoncer. C’est exactement ce que couvre notre formation sur les lois et règlements applicables aux conseillers en voyages.

Trois idées fausses qui circulent

« L’examen coûte une cinquantaine de dollars. » Des montants inférieurs traînent encore sur des pages qui n’ont pas bougé depuis des années. Le tarif en vigueur est celui affiché sur la page d’inscription de l’ITHQ. Vérifiez-le là, et méfiez-vous de toute page qui ne date pas ses chiffres.

« Il faut un diplôme d’études secondaires. » Le règlement n’en mentionne aucun.

« La contribution au FICAV s’ajoute à la facture du client. » Plus depuis le 1er janvier 2024.

Votre chemin, en résumé

  1. Téléchargez le manuel gratuit et lisez-en une trentaine de pages. Vous saurez à quoi vous vous engagez.
  2. Ouvrez votre dossier en ligne auprès de l’Office et obtenez votre numéro de dossier « CCV ».
  3. Préparez-vous. Le manuel est le minimum, une formation encadrée est le raccourci.
  4. Inscrivez-vous à l’examen (71 $) et présentez-vous. Soixante minutes, 65 %.
  5. Dans les deux ans qui suivent, rattachez-vous à une agence et payez les droits de délivrance (72 $).
  6. Renouvelez chaque année (36 $) et tenez votre dossier à jour.

Le parcours tient dans une page. L’obstacle est l’examen, le piège est le délai de deux ans, et le reste est de l’administration.

Sources et dates de vérification

Tous les renseignements de cette page ont été vérifiés le 21 août 2026 auprès des sources officielles. Les montants et les règles peuvent changer : en cas de doute, la source fait foi.