Devenir conseiller en voyages au Québec : le guide 2026

Devenir conseillère ou conseiller en voyages au Québec

mars 16, 2026 Richard Comments Off

Devenir conseillère ou conseiller en voyages au Québec tient en trois choses : réussir l’examen de l’Office de la protection du consommateur, vous rattacher à une agence titulaire d’un permis, et bâtir une clientèle. Les deux premières prennent quelques semaines. La troisième prend des années, et c’est elle qui décide si vous ferez ce métier longtemps.

Cet article couvre le chemin complet. Pour les frais, les délais et les règles exactes, tout est détaillé dans notre guide du certificat de l’OPC.

Le métier, avant la démarche

Un conseiller en voyages vend et organise des voyages pour le compte d’une agence. Il conseille, il réserve, il encaisse au nom de l’agence, et il reste responsable du dossier jusqu’au retour du client.

Ce que la description officielle omet : vous serez la personne qu’on appelle quand un vol est annulé à 4 h du matin, quand une chambre réservée n’existe pas à l’arrivée, quand un passeport expire dans six semaines et que le client s’en aperçoit la veille. Le métier se joue autant dans ces moments-là que dans la vente.

Quelques chiffres pour situer le terrain. Au 31 mars 2024, dernier exercice détaillé publié par l’Office, 11 448 certificats de conseiller en voyages et de gérant d’agence étaient délivrés au Québec, et 618 établissements détenaient un permis d’agent de voyages, plus 153 succursales.

L’Enquête sur la population active, elle, estime à environ 2 500 le nombre de personnes qui exercent la profession.

Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose. Un certificat donne le droit d’exercer, il ne prouve pas qu’on en vit. Beaucoup sont détenus par des gens qui vendent quelques dossiers par année, par des gérants d’agence, ou par des personnes qui ont quitté le métier sans annuler leur dossier. Et une estimation portant sur un effectif aussi petit charrie une marge d’erreur importante.

Retenez-en ceci, qui est vrai et utile : détenir un certificat et vivre du métier sont deux choses différentes.

Ce qui se contracte vraiment, ce sont les agences. Le nombre de certificats a chuté pendant la pandémie, de 12 662 en février 2019 à 10 330 en mars 2022, et il remonte depuis. Le réseau d’établissements, lui, continue de se resserrer.

Autre chiffre, celui-là sans ambiguïté : 77 % des personnes qui exercent ce métier au Québec sont des femmes.

Les cinq étapes

1. Vérifiez que le métier vous convient avant de payer quoi que ce soit

Le manuel de préparation à l’examen, Lois et règlements applicables au secteur du voyage (4e édition, à jour au 1er janvier 2023), est en téléchargement gratuit sur le site de l’Office. Vérifiez les changements survenus depuis, notamment la suspension de la perception du FICAV au 1er janvier 2024. Il décrit vos obligations réelles : le compte en fidéicommis, le reçu numéroté, l’exclusivité à une seule agence, les règles de publicité.

Lisez-en une trentaine de pages. Si cette matière vous ennuie profondément, le métier vous ennuiera aussi, parce que c’est votre cadre de travail quotidien.

2. Ouvrez votre dossier auprès de l’Office

Avant de vous inscrire à l’examen, vous devez créer votre dossier en ligne auprès de l’Office pour obtenir votre numéro de dossier, qui commence par « CCV » suivi de l’année. L’ITHQ vous le demandera à l’inscription.

3. Passez l’examen

Soixante minutes, note de passage de 65 %. L’inscription se fait sur le site de l’ITHQ, qui administre l’examen en ligne, sous surveillance vidéo et audio. Le règlement ne fixe aucune condition de scolarité ni de formation préalable, ce que nous détaillons dans le guide du certificat. Ce qui est exigé, en revanche, ce sont des conditions de probité.

4. Trouvez votre agence

Voici l’étape que la plupart des gens sous-estiment. Votre certificat ne vaut rien sans agence : il est suspendu dès qu’aucun lien contractuel ne vous rattache à un titulaire de permis, et vous avez deux ans après l’examen pour vous affilier, sans quoi vous devez tout recommencer.

Trois options s’offrent à vous, et elles mènent à des carrières différentes.

Salariée en agence. Un salaire, des avantages sociaux, un horaire, et quelqu’un pour vous montrer le métier. Le revenu est prévisible et modeste au départ. C’est de loin la meilleure porte d’entrée si vous n’avez jamais vendu de voyage.

Travailleuse autonome affiliée. Vous signez un contrat d’exclusivité avec une agence qui détient le permis, vous travaillez de chez vous, et vous partagez la commission. Liberté d’horaire, revenu variable, aucun filet. À réserver à ceux qui ont déjà une clientèle ou une expérience de vente.

Gérante d’agence. Plus tard dans la carrière. L’examen exige alors 70 % au lieu de 65 %.

5. Trouvez vos premiers clients

Votre première année ne ressemblera pas à la deuxième. Vos premiers clients seront presque tous des gens qui vous connaissent déjà, et ils testeront votre patience avant de tester votre expertise.

Une contrainte à connaître dès maintenant : votre publicité est celle de l’agence. Vos coordonnées personnelles ne peuvent pas apparaître dans une annonce, à l’exception de votre numéro de cellulaire. Le rêve de la marque personnelle indépendante se heurte directement à cette règle.

Les compétences qui font une différence réelle

Tout le monde répète qu’il faut « aimer voyager ». C’est vrai et c’est insuffisant. Voici ce qui sépare réellement les conseillers qui durent de ceux qui abandonnent après dix-huit mois.

Écouter plus longtemps que vous ne parlez. Un client qui dit « on veut du soleil en février » n’a rien dit. Est-ce un couple qui veut dormir, une famille qui veut occuper trois enfants, une femme qui n’a pas pris de vacances depuis quatre ans et qui a peur de mal choisir ? La vente se joue là, dans les quinze minutes où vous posez des questions au lieu de proposer des forfaits.

Une rigueur qui frôle l’obsession. Un prénom mal orthographié sur un billet d’avion, c’est des frais de modification et un client furieux. Une date de retour lue de travers, c’est un dossier qui vous coûte votre marge. Ce métier punit l’à-peu-près plus que la plupart des métiers de vente.

Le calme quand tout déraille. Les annulations, les grèves, les tempêtes et les faillites de fournisseurs font partie du travail. Votre valeur se mesure exactement là : au moment où le client réalise qu’il aurait été seul face au comptoir de la compagnie aérienne.

Une connaissance réelle, pas une connaissance de brochure. Savoir qu’un complexe hôtelier est « magnifique » ne sert à personne. Savoir que la navette depuis l’aéroport prend quatre-vingt-dix minutes, que la plage a du varech en juin et que le restaurant japonais se réserve dès l’arrivée, ça vaut une commission.

La discipline commerciale. Relancer, faire un suivi, demander une recommandation. La plupart des conseillers qui échouent sont excellents avec les clients qu’ils ont, et n’en cherchent jamais de nouveaux.

Et oui, la passion du voyage. Elle ne vous fera pas vivre, mais elle vous fera tenir les mois où le téléphone reste muet.

Ce que ça paie

Le salaire horaire médian d’un conseiller en voyages au Québec se situe entre 21,63 $ et 24,00 $ selon la source gouvernementale consultée, les salaires les plus bas tournant autour de 17,88 $ et les plus élevés autour de 36 $. Ces montants correspondent aux personnes salariées et ne comptent pas les commissions.

Le portrait est plus compliqué que ça, et il a changé récemment. Nous l’avons détaillé dans combien gagne un conseiller en voyages au Québec, avec les chiffres de commissions réellement documentés.

Faut-il une formation ?

Légalement, non. Le règlement ne fixe aucune condition de scolarité ni de formation préalable. Nous vendons de la formation et nous l’écrivons quand même.

Dans les faits, deux obstacles se dressent. L’examen porte sur un corpus réglementaire dense qu’il faut assimiler en peu de temps. Et une agence qui embauche préfère une personne capable de nommer une classe tarifaire, de comprendre une politique de changement de billet et de savoir ce qu’un tout inclus contient réellement.

C’est la différence entre obtenir le droit d’exercer et être capable d’exercer. Nos formations en ligne couvrent les deux : la réglementation pour l’examen, puis l’aérien et l’hôtelier pour le métier lui-même.

Par où commencer, concrètement

  1. Téléchargez le manuel gratuit de l’Office et lisez-en une trentaine de pages.
  2. Décidez de votre modèle : salariée en agence pour apprendre, ou autonome affiliée si vous avez déjà une clientèle.
  3. Parlez à deux ou trois agences avant l’examen. Vous saurez ce qu’elles cherchent, et vous aurez une porte ouverte pour votre affiliation.
  4. Ouvrez votre dossier à l’Office, préparez-vous, passez l’examen.
  5. Affiliez-vous dans les deux ans. Cette échéance est ferme.

Les perspectives d’emploi de la profession au Québec sont jugées bonnes pour la période 2025-2029 par le gouvernement. Le réseau d’agences se resserre pendant que le travail à domicile s’étend. Le métier ne disparaît pas, il change de forme.

Prochaine étape logique : le certificat de l’OPC, étape par étape, avec les frais et les délais exacts.

Sources

Données vérifiées le 21 août 2026.