La question qu’on nous pose le plus souvent n’est pas « combien ça paie » ni « quel est le diplôme ». C’est : à quoi ressemble une journée ?
Voici une journée type d’une conseillère en voyages. Un montage de ce que le métier contient réellement, plutôt qu’un témoignage d’une personne en particulier. Rien ici n’est spectaculaire, et c’est exactement le point.
7 h 40
Le téléphone a vibré à 5 h 12. Un vol vers Punta Cana a été devancé de trois heures et la compagnie a envoyé son courriel automatique en anglais, à 4 h du matin, à une cliente de soixante-huit ans qui part demain.
Vous répondez avant même le café. Deux phrases pour la rassurer, une pour lui dire que vous vous en occupez. Vous ne savez pas encore comment, mais elle peut retourner dormir.
Voilà la première leçon du métier : votre valeur ne se manifeste jamais au moment de la vente. Elle se manifeste ici.
8 h 30
Les courriels de la nuit. Une famille qui demande si l’hôtel choisi a vraiment un club pour enfants en avril. Un couple qui hésite entre deux dates. Un ancien client qui veut « juste un prix », ce qui veut toujours dire deux heures de travail et une chance sur trois de vendre.
Vous répondez à celui qui a une date de départ, puis à celui qui a un budget, puis aux autres. Le tri, c’est déjà du métier.
10 h 00
Rendez-vous avec un couple qui prépare un voyage de noces. Ils arrivent avec quatre onglets ouverts sur leur téléphone et trois avis contradictoires.
Vous ne parlez pas de forfaits pendant les vingt premières minutes. Vous demandez ce qu’ils aiment faire le matin. S’ils veulent se reposer ou bouger. Ce qu’ils ont détesté lors de leur dernier voyage. Le vrai besoin sort presque toujours de cette dernière question.
Ils repartiront avec deux options, pas douze. Le débutant propose tout ce qu’il connaît. La conseillère élimine.
11 h 30
La partie que personne ne montre sur les photos du métier : la vérification.
Les prénoms tels qu’ils apparaissent sur les passeports, pas tels que les gens se font appeler. Les dates d’expiration. Les correspondances et le temps entre les deux. Les conditions d’annulation, les bagages inclus, les frais de villégiature payables à destination.
Un prénom mal orthographié coûte des frais de modification et la confiance d’un client. Ce métier punit l’à-peu-près plus que la plupart des métiers de vente.
13 h 00
Le vol devancé de ce matin trouve sa solution. Une nuit d’hôtel de plus à l’arrivée, un transfert à décaler, un appel au fournisseur pour faire absorber une partie des frais.
Vous appelez la cliente. Elle vous remercie trois fois. Cette réservation vous a rapporté une commission modeste il y a huit mois, et vous venez d’y consacrer quatre-vingt-dix minutes.
C’est aussi cette femme qui parlera de vous à ses trois sœurs. La rentabilité de ce métier ne se calcule jamais dossier par dossier.
14 h 30
L’administration. Les reçus numérotés au nom de l’agence, les dépôts au compte en fidéicommis, la ligne du fonds d’indemnisation sur chaque facture. Les documents à transmettre avant le départ.
Ce sont des obligations réglementaires, pas des formalités internes. Elles sont détaillées dans notre guide du certificat de l’OPC, et une bonne part de l’examen porte là-dessus.
16 h 00
Formation d’un fournisseur, une heure, sur une nouvelle section d’un complexe hôtelier. La moitié est de la promotion. L’autre moitié contient les deux détails qui vous permettront de placer correctement une famille dans huit mois.
Les conseillères qui durent assistent à ces séances. Les autres se fient aux dépliants et vendent la même chose que tout le monde.
17 h 30
Les relances. Le couple de ce matin, un devis envoyé la semaine dernière, un client de l’an dernier qui part toujours en février.
C’est l’heure de la journée que presque tout le monde saute. C’est aussi celle qui décide si vous serez encore dans le métier dans trois ans. La plupart des conseillers qui abandonnent étaient excellents avec les clients qu’ils avaient, et n’en cherchaient jamais de nouveaux.
20 h 50
Un message. « Bien arrivés, la chambre est parfaite, merci pour tout. »
Vous ne répondrez que demain matin. Mais vous le lisez deux fois.
Ce que la journée ne montre pas
Les jours vides. Il y en a, surtout la première année. Le téléphone ne sonne pas, les devis n’aboutissent pas, et vous vous demandez si vous avez fait une erreur.
Le décalage entre le travail et la paie. Les commissions arrivent avant le départ, à l’embarquement ou après le retour selon le fournisseur. Vous pouvez vendre en janvier et être payée en août. Nous détaillons ce piège dans combien gagne un conseiller en voyages au Québec.
Les tempêtes. Une fois ou deux par hiver, une journée entière disparaît à replacer des gens que vous n’avez pas mis dans l’avion. Personne ne vous paie pour ça, et c’est pourtant ce jour-là que vous justifiez votre existence.
Est-ce que ce métier est pour vous ?
Relisez la journée. Si les vingt minutes de questions au couple vous ont plus intéressée que la partie voyage, c’est bon signe. Si la vérification des passeports vous a semblé fastidieuse au point d’être rebutante, prenez-en note : elle revient tous les jours.
Le métier ne consiste pas à voyager. Il consiste à s’occuper de gens qui voyagent, ce qui est un tout autre travail, et souvent plus satisfaisant.
Une journée dans la vie d’une conseillère en voyages
La question qu’on nous pose le plus souvent n’est pas « combien ça paie » ni « quel est le diplôme ». C’est : à quoi ressemble une journée ?
Voici une journée type d’une conseillère en voyages. Un montage de ce que le métier contient réellement, plutôt qu’un témoignage d’une personne en particulier. Rien ici n’est spectaculaire, et c’est exactement le point.
7 h 40
Le téléphone a vibré à 5 h 12. Un vol vers Punta Cana a été devancé de trois heures et la compagnie a envoyé son courriel automatique en anglais, à 4 h du matin, à une cliente de soixante-huit ans qui part demain.
Vous répondez avant même le café. Deux phrases pour la rassurer, une pour lui dire que vous vous en occupez. Vous ne savez pas encore comment, mais elle peut retourner dormir.
Voilà la première leçon du métier : votre valeur ne se manifeste jamais au moment de la vente. Elle se manifeste ici.
8 h 30
Les courriels de la nuit. Une famille qui demande si l’hôtel choisi a vraiment un club pour enfants en avril. Un couple qui hésite entre deux dates. Un ancien client qui veut « juste un prix », ce qui veut toujours dire deux heures de travail et une chance sur trois de vendre.
Vous répondez à celui qui a une date de départ, puis à celui qui a un budget, puis aux autres. Le tri, c’est déjà du métier.
10 h 00
Rendez-vous avec un couple qui prépare un voyage de noces. Ils arrivent avec quatre onglets ouverts sur leur téléphone et trois avis contradictoires.
Vous ne parlez pas de forfaits pendant les vingt premières minutes. Vous demandez ce qu’ils aiment faire le matin. S’ils veulent se reposer ou bouger. Ce qu’ils ont détesté lors de leur dernier voyage. Le vrai besoin sort presque toujours de cette dernière question.
Ils repartiront avec deux options, pas douze. Le débutant propose tout ce qu’il connaît. La conseillère élimine.
11 h 30
La partie que personne ne montre sur les photos du métier : la vérification.
Les prénoms tels qu’ils apparaissent sur les passeports, pas tels que les gens se font appeler. Les dates d’expiration. Les correspondances et le temps entre les deux. Les conditions d’annulation, les bagages inclus, les frais de villégiature payables à destination.
Un prénom mal orthographié coûte des frais de modification et la confiance d’un client. Ce métier punit l’à-peu-près plus que la plupart des métiers de vente.
13 h 00
Le vol devancé de ce matin trouve sa solution. Une nuit d’hôtel de plus à l’arrivée, un transfert à décaler, un appel au fournisseur pour faire absorber une partie des frais.
Vous appelez la cliente. Elle vous remercie trois fois. Cette réservation vous a rapporté une commission modeste il y a huit mois, et vous venez d’y consacrer quatre-vingt-dix minutes.
C’est aussi cette femme qui parlera de vous à ses trois sœurs. La rentabilité de ce métier ne se calcule jamais dossier par dossier.
14 h 30
L’administration. Les reçus numérotés au nom de l’agence, les dépôts au compte en fidéicommis, la ligne du fonds d’indemnisation sur chaque facture. Les documents à transmettre avant le départ.
Ce sont des obligations réglementaires, pas des formalités internes. Elles sont détaillées dans notre guide du certificat de l’OPC, et une bonne part de l’examen porte là-dessus.
16 h 00
Formation d’un fournisseur, une heure, sur une nouvelle section d’un complexe hôtelier. La moitié est de la promotion. L’autre moitié contient les deux détails qui vous permettront de placer correctement une famille dans huit mois.
Les conseillères qui durent assistent à ces séances. Les autres se fient aux dépliants et vendent la même chose que tout le monde.
17 h 30
Les relances. Le couple de ce matin, un devis envoyé la semaine dernière, un client de l’an dernier qui part toujours en février.
C’est l’heure de la journée que presque tout le monde saute. C’est aussi celle qui décide si vous serez encore dans le métier dans trois ans. La plupart des conseillers qui abandonnent étaient excellents avec les clients qu’ils avaient, et n’en cherchaient jamais de nouveaux.
20 h 50
Un message. « Bien arrivés, la chambre est parfaite, merci pour tout. »
Vous ne répondrez que demain matin. Mais vous le lisez deux fois.
Ce que la journée ne montre pas
Les jours vides. Il y en a, surtout la première année. Le téléphone ne sonne pas, les devis n’aboutissent pas, et vous vous demandez si vous avez fait une erreur.
Le décalage entre le travail et la paie. Les commissions arrivent avant le départ, à l’embarquement ou après le retour selon le fournisseur. Vous pouvez vendre en janvier et être payée en août. Nous détaillons ce piège dans combien gagne un conseiller en voyages au Québec.
Les tempêtes. Une fois ou deux par hiver, une journée entière disparaît à replacer des gens que vous n’avez pas mis dans l’avion. Personne ne vous paie pour ça, et c’est pourtant ce jour-là que vous justifiez votre existence.
Est-ce que ce métier est pour vous ?
Relisez la journée. Si les vingt minutes de questions au couple vous ont plus intéressée que la partie voyage, c’est bon signe. Si la vérification des passeports vous a semblé fastidieuse au point d’être rebutante, prenez-en note : elle revient tous les jours.
Le métier ne consiste pas à voyager. Il consiste à s’occuper de gens qui voyagent, ce qui est un tout autre travail, et souvent plus satisfaisant.
Pour la suite : devenir conseillère ou conseiller en voyages au Québec, ou les outils que vous utiliserez tous les jours.
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